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S’initier à la photo sous-marine

Cours pratique de photo sous-marine en piscineCours de photo sous-marine en piscine

Sans que la photographie sous-marine soit nécessairement une grande passion pour eux, la plupart des plongeurs qui s’y adonnent régulièrement vous diront que c’est une activité pour le moins prenante. Pour mieux l’expliquer, je vous décris ici les qualités et aptitudes que doivent posséder les photographes sous-marins qui illustrent les pages des grands magazines. Vous me direz que ce n’est pas votre intention d’illustrer la couverture du National Geographic. J’en conviens, mais pour rapporter des images réussies de vos voyages, vous allez devoir vous y attarder un peu.

Parmi les qualités à posséder, il y a évidemment l’amour de l’eau et un intérêt marqué pour le monde sous-marin ; ce sont là deux préalables. Les photographes sous-marins, comme bien d’autres plongeurs, sont des êtres fondamentalement aquatiques.

Ensuite, il faut avoir un sérieux penchant pour l’aventure et la vie de globetrotteur. Le plus souvent possible, les photographes sous-marins font la tournée des océans de la planète pour explorer un monde qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

Pour finir, ces photographes ont un désir irrépressible de créer des images. Cela est essentiel à leur bonheur et, j’oserais même ajouter, à leur équilibre. Leur passion les rend totalement inconscients du temps consacré à la préparation du matériel, souvent interminable pour ceux qui les accompagnent. Et quel bonheur pour eux de partager avec d’autres leurs découvertes!

J’enseigne depuis vingt ans la photo sous-marine à des plongeurs de niveaux et d’expériences très variés, ainsi qu’à des photographes expérimentés venant tout juste de réaliser leur rêve de devenir plongeur. Tous avaient le même objectif, celui de rapporter des souvenirs inoubliables de leurs voyages. Mais peu importe le bagage d’expérience, il n’y a pas de raccourci pour qui que ce soit.

Pour réussir des images sous-marines de qualité, l’aspirant photographe sous-marin doit, en plus de posséder les qualités énumérées plus haut, s’investir dans les deux aspects essentiels de la discipline. Il lui faut d’abord devenir un plongeur efficace, et cela commence par un bon cours de base. Il devra ensuite plonger, plonger et encore plonger pour prendre de l’expérience sous l’eau. Croyez-moi, personne ne veut être embarrassé d’un appareil photo à ses débuts. La maîtrise de la flottabilité doit devenir seconde nature.

Vient ensuite l’apprentissage des bases de la photographie et des différentes particularités de la photo sous-marine. Ceux qui trouvent les aspects techniques de la photographie rebutants devront faire leur deuil de la photographie sous-marine. Cette spécialité est l’une des plus exigeantes, tant au plan technique que logistique. Je réserve pour plus tard le sujet du gouffre dans le compte bancaire, qui, à mon avis, sera probablement le principal obstacle à l’élan créatif de plusieurs. Depuis peu toutefois, il y a émergence de petits appareils bon marché qui permettent de faire l’expérience de la photo sous-marine sans avoir à hypothéquer sa maison.

La première étape consiste donc à suivre un bon cours de plongée. J’ai pu observer que les photographes qui ne détiennent pas de brevet d’une agence de certification reconnue ont tendance à juger cette étape comme très secondaire. Souvent, ils reviennent d’un voyage dans les Caraïbes où ils ont eu la chance – ou la malchance – d’avoir participé à une initiation en plongée. En moins d’une heure, ils croient avoir appris et maîtrisé tout ce qu’il faut savoir pour être des plongeurs sécuritaires… C’est faire abstraction des implications réelles liées à cette activité! Ils sont en fait devenus des plongeurs dangereux, pour eux-mêmes et pour les autres.

Une fois le brevet de plongeur en poche, mieux vaut prendre de l’expérience, car il en faut avant de faire ses premières armes avec un appareil photo sous l’eau. Je recommande toujours au nouveau plongeur qui m’appelle pour suivre un stage de photo de faire un minimum de trente à cinquante plongées avant de passer à cette étape.

Une fois cette étape franchie, la grande aventure peut commencer. En ce qui me concerne, j’ai fait mon premier film sous-marin au printemps de 1982. Plusieurs centaines de plongées plus tard, j’ai toujours autant de plaisir à photographier le monde sous-marin et la nature en général. J’ai d’ailleurs conservé quelques images de mon premier film : je les regarde de temps en temps lorsque les résultats de mon travail ne sont pas à la hauteur de ce que j’avais anticipé. Ça remonte le moral en moins de deux! Comme quoi, même après tout ce temps, on ne réussit pas à tous les coups.

Je dois avouer que si vos premières images sont aussi mauvaises que les miennes, il y a de quoi être découragé… Toutefois, je suggère toujours de faire preuve de beaucoup d’indulgence envers soi-même et de ne pas abandonner. Pour ma part, j’ai dû apprendre seul. Choisir cette voie, c’est s’astreindre à un long et laborieux cheminement. Lorsque les connaissances en photo sont limitées, il est préférable de s’inscrire à un cours de base en photographie ou à un cours de photo sous-marine qui inclut de bonnes bases en photo. Le processus d’apprentissage est ainsi facilité parce que les notions sont mieux intégrées.

Je crois opportun de vous raconter ma première expérience de photo sous-marine : ça a été un désastre. J’utilisais un appareil photo que j’avais déniché au sous-sol de la boutique de plongée où je travaillais à l’époque. Il s’agissait d’un appareil rudimentaire équipé d’un flash à ampoules au magnésium. Durant la préparation de la plongée, j’ai dû mettre deux douzaines de ces ampoules dans un sac en filet que j’ai ensuite attaché à ma ceinture. La suite est cocasse : imaginez-vous en train de manipuler ces foutues petites ampoules qui n’ont d’autre objectif que de remonter à la surface et que vous tentez désespérément de les rattraper avec vos épaisses mitaines de plongée… Beau défi!

Après cette plongée, j’ai douté un moment de mon avenir en tant que photographe sous-marin. Il faut dire que l’expérience avait quelque peu perdu de son charme. Déçu, mais non défait, j’ai pris la peine d’éplucher tous les catalogues et bouquins contenant de l’information sur ce sujet. Je me suis vite rendu compte que mes ennuis étaient causés par un équipement un peu trop… archaïque. Il fallait donc que je délie les cordons de ma bourse si je voulais poursuivre dans cette voie.

Comme je l’ai déjà mentionné, il s’agit là de la principale barrière associée à l’apprentissage de cette discipline. Il faut d’abord investir dans l’équipement de plongée, puis dans l’équipement de photographie sous-marine, et finalement dans les déplacements. Vous êtes prêts à vous initier à la photo sous-marine? Si la question de l’équipement de plongée est déjà réglée et que votre expérience de plongée dépasse largement celle d’un débutant, c’est toujours ça de pris. Reste celle de l’équipement de photo sous-marine, dont nous discuterons prochainement.

Toujours intéressé? À la prochaine…

RL

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