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L’île Bonaventure

Percé et l

 

 

Arrivé à notre chalet, situé en flanc de montagne derrière le village de Percé, je monte à l’étage pour admirer la vue prenante sur le Roché Percé et l’île Bonaventure. Le temps est magnifique et j’espère que les quinze prochains jours vont être à l’image de cette journée idyllique.

L’île Bonaventure a été achetée par le gouvernement du Québec en 1971 et elle est aujourd’hui administrée par la Sépaq. D’une superficie d’environ 4 km², elle constitue aujourd’hui l’une des plus grandes et des plus accessibles réserves ornithologiques au monde. Plus 200 000 oiseaux nichent sur l’île, dont 121 000 Fous de Bassan. Cela en fait la plus grande colonie de Fous de Bassan au monde.

Les fonds marins de l’île ne sont toutefois pas en reste. Bon nombre de plongeurs s’y rendent tous les ans afin d’observer la riche vie marine qui l’entoure. Il y a une vingtaine de sites de plongée autour de l’île Bonaventure. Sur le site web du Club Nautique de Percé, avec qui il est possible de plonger à l’île, une douzaine de sites sont décrits. Plusieurs sont cotés faciles, mais ceux que je préfère s’adressent à des plongeurs plus expérimentés

Mon préféré est La roche aux phoques, car comme son nom le suggère, j’y ai souvent croisé des phoques gris en plongée. De la surface, les parois du rocher descendent abruptement jusqu’à une profondeur variant de 10 à 30 mètres. Près de la surface, le rocher est garni de laminaires qui ondulent au gré des vagues et du courant. Elles cèdent rapidement leur place à une forêt d’anémones plumeuses, d’éponges marines, de crabes, d’étoiles de mer, de corail mou et j’en passe. Jusqu’à 20 mètres, les plongées sont confortables en wet suit. Au-delà cette profondeur, l’eau est beaucoup plus froide et le drysuit est recommandé. Le courant y est souvent présent et ne doit pas être ignoré.

Un peu plus au sud, il y a Le rocher aux oiseaux. Ce site atteint une profondeur maximale de 22 mètres et il est constitué d’immenses rochers garnis de vie marine. Leur enchevêtrement a créé plusieurs petites cavernes souvent fréquentées par les phoques gris. Ils y sommeillent pendant de longues minutes avant de retourner à la surface pour faire le plein d’oxygène.

Ce matin, toutefois, ces deux sites ne seront pas envisagés. Le vent sud-ouest souffle la vague en leur direction et il y a plusieurs plongeurs de notre groupe qui ne sont pas suffisamment expérimentés pour de telles conditions. Notre capitaine a donc opté pour le Le Bilbeau. C’est un site facile, peu profond et bien protégé du vent du large. Il est courant d’observer des homards autour de l’île Bonaventure, mais à ce site, il me semble en avoir plus qu’ailleurs. Je sais aussi que je vais pouvoir y photographier des Tanche-tautogues, un poisson ressemblant beaucoup à un achigan. J’ai donc réglé mon appareil pour la photographie rapprochée de poissons, de homards et autres petites bestioles du genre.

Les jours qui ont suivi nous ont permis d’explorer plusieurs autres sites. Parmi eux, il y a eu l’Anse chatouilleuse. Ce site débute par un plateau peu profond qui se transforme en une pente raide composée d’immenses roches recouverte de vie marine. En plus des Anémones plumeuses, c’est un endroit propice pour observer l’Anémone rouge du nord. La pente meurt sur un fond de sable et de gravier à environ 20 mètres. À cette profondeur, la visibilité est souvent excellente et il n’est pas rare d’avoir la visite deux ou trois phoques curieux qui aiment bien tourbillonner autour des plongeurs.

Pour ceux qui s’intéressent aux vestiges du passé, il y a Le mur noir. Complètement recouverte d’algues encroutantes d’une teinte rosée, une longue chaine brisée à plusieurs endroits peut être observé. Arrivé à la pente raide, on a l’impression de perdre la chaine. En gardant le cap sur une trentaine de mètres, les chances sont bonnes d’apercevoir l’ancre qui git à une profondeur de 30 mètres. Afin de profiter de la meilleure lumière ambiante possible, il est préférable de plonger ce site le matin. En après-midi, l’impressionnante paroi du Mur noire projette son ombre bien au-delà du site de plongée.

Lorsque le vent souffle du nord, plusieurs sites de plongée de l’île sont fortement exposés aux vagues et il y a de bonnes chances que le capitaine mette le cap vers La baie des marigots. C’est un endroit très fréquenté par les visiteurs qui emprunte le sentier pédestre longeant la pointe sud de l’île. Un escalier a été aménagé afin de descendre sur la plage. C’est un endroit très agréable par temps ensoleillé et les randonneurs y viennent pour se reposer et prendre le lunch.

Un ancrage fixe a été installé dans la baie par le club nautique. Pour des raisons pratiques, mais aussi par souci de protection des fonds marins, la quasi-totalité des sites autour de l’île en sont pourvus. Du point d’ancrage, il s’agit de mettre le cap vers le large. Des failles rocheuses bien garnies de vie marine vont se succéder jusqu’à une profondeur d’environ 20 mètres. Des plongeurs m’ont mentionné y avoir observé des phoques. Pour ma part, je n’ai pas eu ce plaisir. Toutefois, lors de ma dernière plongée, je me suis amusé avec plusieurs Tanches-tautogues, dansé avec un banc de capelans et fais connaissance avec un homard que tous les amateurs de fruits de mer auraient bien aimé avoir dans son assiette.

Ma première visite à l’île Bonaventure remonte à la fin des années 70. Photographe novice dans la jeune vingtaine, je suis tombé complètement sous le charme de l’île. Depuis, j’y suis retourné de nombreuses fois et mon intérêt pour l’endroit n’a jamais cessé de croitre. Je vous propose donc de vous laisser, vous aussi, charmer par l’un des plus beaux endroits du Québec. Au plaisir de vous y croiser.

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Texte et photos Robert La Salle – Été 2010 – Tous droits réservés

Liens Utiles

Scubapédia : Informations supplémentaires sur la plongée à l’Île Bonaventure
Sépaq : Information sur le parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé
Club Nautique de Percé : Service de charter de plongée sous-marine à l’Île Bonaventure
Carte Google