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L’épave du Muscallonge

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Une fois arrivé à la bouée marquant le site du Muscallonge, je suis surpris de sa proximité au rivage, environ 100 mètres. Toutefois, le capitaine nous décourage de tenter une plongée de la rive et il est facile de comprendre par la tension de l’amarre tenant notre bateau à la bouée de surface. Il nous rappelle également qu’il ne s’agit pas d’une plongée pour novice et qu’il est important de surveiller notre temps de fond et notre consommation d’air. De plus, il ajoute qu’il est primordial de remonter en suivant la corde de la bouée de surface, car la circulation de bateaux de plaisance est importante dans le secteur.

La descente dans le courant vers le Muscallonge n’est pas évidente, mais heureusement le courant s’affaiblit en approchant du fond. Lorsque j’aperçois l’épave reposant sur son côté bâbord à 30 mètres de profondeur, je me protège du courant et prends quelques instants pour imaginer la tragédie.

Le Muscallonge était un bateau-vapeur en bois de 38 mètres de longueur et il était considéré le plus gros remorqueur sur le St-Laurent. À proximité de Brockville, un peu après minuit le 15 août 1936, le Muscallonge ainsi que le remorqueur Ajax avaient à leur remorque la barge « Bruce Hudson » en direction de Toronto. Lorsque qu’un feu se déclara à bord du Muscallonge, tous les membres de l’équipage, sauf le capitaine S. Ahearn et l’ingénieur en chef Dorman Arbour, ont fuient à bord du Ajax. Le capitaine se détacha ensuite de la barge et tenta de rejoindre la rive afin de sauver le navire.

Les pompiers de Brockville ont été appelés en renfort, mais lorsque le feu prit aux réservoirs contenant 9000 gallons de mazout, tout était perdu. Un intense feu fit ensuite rage pendant plusieurs heures. Finalement, au petit matin, une spectaculaire explosion asséna le coup de grâce au Muscallonge.

L’intensité du feu fit disparaître toute la superstructure, mais il est encore possible d’imaginer la taille de ce remorqueur par les vestiges de sa coque et certaines pièces métalliques telles que la chaudière, le treuil et plusieurs pièces du moteur. La visibilité de plus de 10 mètres était excellente et la température de l’eau en « wet suit » très confortable.

Le Muscallonge est souvent le refuge de bancs impressionnants de perchaudes et d’achigans, mais lors de mon passage, j’ai principalement observé des crapets de roche.

Texte et photos Robert La Salle – © 2014 – Tous droits réservés .

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GALERIE PHOTO

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LIENS UTILES

SCUBAPÉDIA : Informations supplémentaires sur l’épave
SAVE ONTARIO SHIPWRECKS : Organisation pour la sauvegarde des épaves en Ontario
CARTE GOOGLE
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