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Le mode flash TTL en photo sous-marine

Module iTTL dModule iTTL d’ikelite pour Nikon

Comme la plupart des photographes sous-marins, j’éclaire mes sujets à l’aide de flashs électroniques. Cela permet entre autres de mettre en évidence les couleurs éclatantes des sujets. Sans éclairage artificiel, le monde sous-marin parait souvent bien terne.

Lorsque j’ai débuté en photo sous-marine au début des années 80, j’ai fait quelques essais en lumière naturelle. Les résultats obtenus étant plutôt décevants, je me suis vite procuré mon premier flash sous-marin. J’ai oublié le nom exact du modèle, mais il s’agissait du flash entré de gamme d’Ikelite, soit une version similaire à leur DS51 actuel, mais sans mode automatique.

 

Mode d’exposition manuel

À l’époque du film, afin d’obtenir une exposition adéquate, il fallait d’abord évaluer la distance entre le flash et le sujet. Ensuite, selon une charte, il fallait ajuster le diaphragme de l’objectif ou la distance séparant le flash du sujet. Nul besoin de dire qu’après l’achat d’un nouveau flash, il était essentiel de faire une série de tests avant de pouvoir exposer correctement le film. Aussi, malgré ces tests, il était souvent nécessaire de faire une fourchette d’exposition, plus communément appelée braketing, afin d’obtenir un résultat optimal. Cette approche était particulièrement nécessaire pour ceux qui utilisaient le film diapositive, beaucoup moins permissif que le film négatif aux erreurs d’exposition. Toutefois, cela réduisait le nombre d’images possibles à seulement 12 sur un film de 36 poses.

 

Mode d’exposition automatique

Lorsque les premiers modules permettant une exposition automatique avec un flash sous-marin ont fait leur apparition, les résultats ont été plutôt décevants. Ils ont donc été boudés par la majorité des photographes sous-marins qui ont continué à travailler en mode manuel. Cela était particulièrement vrai pour les photographes qui utilisaient le grand-angulaire pour la prise de vues de panorama sous-marin. Le contrôle de la lumière ambiante mélangée à celle du flash étant plus complexe, les résultats en mode auto étaient tout sauf prévisibles. Quant à la photographie en macro, soit la photographie de gros plan de sujets où la lumière ambiante a très peu d’effet, les résultats étaient relativement justes.

 

Mode d’exposition TTL

Sont ensuite arrivés l’ère du numérique et les modes automatiques TTL au flash sous-marin. Le terme TTL signifie <<Through The Lens>>, i.e. que l’appareil est muni d’un senseur qui analyse la lumière du flash passant par l’objectif et atteignant le capteur. Ce dernier permet de contrôler la durée de l’éclair et ainsi exposer correctement une image. Ce système est très performant lorsque l’appareil et le flash sont de la même marque, mais c’est rarement le cas en photo sous-marine.

Désirant tirer profit de cette technologie, Ikelite a incorporé à ses caissons un convertisseur permettant d’utiliser le mode TTL de Nikon et de Canon. Celui de Nikon se nomme iTTL et celui de Canon eTTL. Celui incorporé aux caissons pour les appareils compacts est très simple d’utilisation. Il suffit de mettre le flash sous tension et d’ajuster le contrôle de la puissance du flash au mode TTL. Ensuite, l’appareil est mis sous tension et détecte automatiquement la présence d’un flash externe. Cette détection n’est possible qu’avec les flashs branchés à l’appareil à l’aide d’un câble électrique et non par un câble en fibre optique. D’ailleurs, les tests du mode TTL que j’ai effectué en utilisant la fibre optique n’ont pas donné de bons résultats.

Quant à leur caisson pour appareils photo DSLR, le convertisseur incorporé autorise aussi le contrôle TTL de la puissance du flash, mais en plus, il ajoute une fonction de compensation de l’exposition. Cela permet d’obtenir un résultat différent de celui calculé par le convertisseur.

Pour ceux qui utilise un appareil photo Nikon, mais un caisson d’une autre marque tel que Aquatica, Ikelite a mis aussi sur le marché un convertisseur iTTL. Ce dernier s’insère entre le caisson étanche et les flashs sous-marins. Si l’on utilise deux flashs, il est nécessaire en plus de se procurer un câble en Y pour brancher les deux flashs au convertisseur. Ce convertisseur permet l’exposition en mode TTL, mais il permet aussi de passer en mode manuel au besoin.

 

Les tests en mode TTL (piscine)

Test avec convertisseur Ikelite iTTL

Quant à moi, j’ai récemment testé les performances du Convertisseur iTTL d’ikelite avec mon caisson Aquatica pour l’appareil D800 de Nikon et deux flashs sous-marins DS161 d’Ikelite. J’ai aussi testé le mode TTL avec un appareil compact, soit le Canon G16 et le caisson Ikelite pour cet appareil. Avec le compact, je n’ai utilisé qu’un seul flash.

Puisque je vais principalement utiliser le mode TTL au flash pour mon travail en macrophotographie, mes tests ont d’abord débuté en piscine avec de petits objets que j’utilise dans le cadre de mes cours de photographie sous-marine.

Les tests sur la justesse de l’exposition au flash avec le convertisseur iTTL comportaient deux volets, soit la variation du diaphragme et la variation de la distance entre le flash et le sujet.

Selon les instructions du fabricant, la première étape est de mettre le flash sous-marin sous tension et de positionner le contrôle de la puissance à TTL. Ce n’est qu’après que l’on met l’appareil sous tension. Ensuite, j’ai cadré mon sujet et varié l’exposition à l’aide du diaphragme. Pour chaque séquence avec le DSLR, j’ai fait six images. La première à l’ouverture était f5.6 et les autres à f8, f11, f16, f22 et f32. Avec le compact, j’ai fait cinq images par séquence, soit de f2, f2.8, f5.6 et f8.

Le deuxième volet portait sur la variation de la distance entre le sujet et le flash. À une ouverture de diaphragme fixe, soit f16 pour le DSLR et f5.6 avec le compact, j’ai varié la distance séparant le sujet de mes flashs. J’ai commencé à quelques centimètres seulement, jusqu’à environ 50 centimètres. Ayant atteint la puissance maximale de mes flashs à environ 50 cm, j’ai ensuite ouvert le diaphragme et continué mes tests en variant la distance de 50 cm à environ deux mètres.

N’étant plus à l’époque du film, j’ai pu constater immédiatement en visionnant les images sur l’écran de l’appareil photo que les résultats étaient convaincants. L’exposition a été généralement constante avec seulement de très légères variations d’une image à l’autre. Ce n’est que lorsque l’on atteint la puissance minimale à courte distance, ou la puissance maximale à une distance éloignée, que les résultats ne sont pas convenables. À courte distance, il faut surveiller la surexposition, soit les images trop pâles. À une distance éloignée, il faut surveiller la sous-exposition, soit les images trop sombres. Dans les deux cas, il a suffi d’ajuster le diaphragme pour compenser.

 

Les tests en mode TTL (milieu naturel)

Ma destination pour les tests en milieu naturel a été l’épave du Conestoga. Le projet était de me concentrer sur les détails de l’épave. Pour la réalisation, j’ai apporté les deux caissons utilisés pour les tests en piscine. La configuration était la même, sauf pour l’objectif du DSLR.  J’ai choisi l’objectif 105mm au lieu de l’objectif 60mm utilisé en piscine.

J’ai débuté avec le DSLR. À ma grande surprise, les images étaient sous-exposées de deux à trois crans. Pour résoudre le problème, j’ai éteint les flashs et l’appareil. Ensuite, j’ai mis sous tensions les deux flashs. J’ai aussi vérifié s’ils étaient ajustés au mode TTL. Ce n’est qu’ensuite que j’ai mis l’appareil sous tension et poursuivi les tests. À mon grand soulagement, les résultats étaient constants. La sous-exposition n’était que d’un tiers de cran, ce qui est très facile à corriger en postproduction. Quant au compact, les résultats étaient aussi constants et justes qu’en piscine, soit de légères variations d’exposition d’une image à l’autre.

 

Conclusions

Pour ma part, les résultats de ces tests m’ont converti au mode TTL en macrophotographie. Toutefois, ces tests m’ont aussi permis de réaliser que plus la proportion d’eau libre est importante dans la composition de l’image, moins les résultats sont justes. Je vais donc continuer à travailler en mode manuel lorsque je vais photographier des panoramas sous-marins. Aussi, l’électronique du mode TTL étant plus complexe, il arrive que la fiabilité ne soit pas toujours au rendez-vous. Heureusement, celui que j’ai rencontré a pu être réglé facilement.

Sites web reliés aux équipements discutés
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Texte et photos © Robert La Salle – Tous droits réservés 2015