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Le loup atlantique

 

Loup atlantique, Anarhichas lupus, Atlantic Wolffish

 

Loup atlantique
Anarhichas lupus
Atlantic Wolffish

Parmi tous les poissons qu’il est possible d’observer en plongée dans l’estuaire marin et le golfe du Saint-Laurent, le loup atlantique est sûrement l’un des plus impressionnants. Ce solitaire, pas très bon nageur, possède une tête et une mâchoire démesurées par rapport au reste de son corps ainsi que des incisives proéminentes, qui lui donnent un air des plus menaçants. La première fois que j’ai eu la chance d’en observer un, je me déplaçais dans une visibilité limitée et vlan !, il est apparu à moins d’un mètre devant moi. Je vous assure que je n’avais aucune envie de m’en approcher davantage, et encore moins d’y toucher. Évidemment, j’en ai quand même profité pour faire quelques gros plans avant de m’éloigner un peu.

Avec sa taille, qui peut atteindre 1,5 mètre, et son poids, de plus de 20 kilos, il a une stature impressionnante, similaire à celle des grandes murènes vertes des Caraïbes à qui on aurait aplati le nez et fait pousser des canines. Celui que j’ai vu cette première fois était brun jaunâtre, mais la couleur des loups atlantiques est souvent bleu gris ou verdâtre. Il portait également une dizaine de bandes foncées, caractéristique de l’espèce. Sa nageoire dorsale est longue, ses pectorales bien développés et sa caudale, très petite.

Le loup atlantique atteint la maturité sexuelle vers l’âge de 8 à 10 ans et sa longueur est alors de 50 à 60 cm. La période du frai est variable, mais elle a lieu principalement en août et septembre. C’est alors qu’il est possible de l’observer, seul ou en couple, à l’intérieur de cavités formées par de grosses pierres. Une fois les œufs pondus, c’est le mâle qui garde jusqu’à leur éclosion.

Si vous êtes attentif, il est facile de voir les restes de repas d’un loup atlantique sur le fond, devant sa tanière. J’ai souvent pu y observer des pinces de crabe et des bouts d’oursins, qu’il écrase à l’aide de ses dents broyeuses, mais il se nourrit également de buccins, de myes, d’étoiles de mer et parfois de poissons.

Aux sites de plongée très fréquentés, il y a fort à parier que les restes de ses victimes lui ont été offerts par des plongeurs. Si vous êtes patient, il se peut qu’il accepte vos offrandes, mais ne vous attendez pas à le caresser et à le prendre dans vos bras comme il est possible de le faire avec son cousin du Pacifique. Pour l’observer hors de sa tanière, les plongées de nuit sont à privilégier, tout comme les jours où la visibilité est réduite. Mais faites attention à votre cœur, car le loup atlantique peut apparaître subitement, en plein devant vous…

RL