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Le grand brochet

 

 

Grand brochet, Esox lucius, Northern Pike

 

Grand brochet
Esox lucius
Northern Pike

Le frai a lieu au printemps, peu de temps après la fonte des glaces, en avril et en mai. Il se produit généralement le jour, dans les zones inondables des cours d’eau et des baies qui bordent les lacs. Chaque femelle pond des dizaines de milliers d’œufs, fécondés par un ou deux males l’accompagnant. Il n’y a pas de nidification et les œufs sont déposés au hasard sur la végétation, à laquelle ils adhèrent. Ils mettront de 12 à 14 jours avant d’éclore. Les alevins resteront attachés à la végétation pour une période supplémentaire de 6 à 10 jours, période pendant laquelle ils se nourriront à même le sac vitellin. Par la suite, ils se nourriront de zooplancton et d’insectes aquatiques immatures. Une fois qu’ils auront atteint environ 5 cm, ils se nourriront principalement de poissons. Avant la maturité sexuelle, la croissance en longueur du brochet est très rapide, après quoi il gagne surtout en poids.

La croissance du grand brochet est aussi tributaire de la latitude. Les populations les plus au nord croissent lentement et ont une espérance de vie d’environ 25 ans, alors que celles du sud, à la croissance plus rapide, ne vivent que de 10 à 12 ans. Il en va de même pour la maturité sexuelle qui, pour les brochets du sud, est atteinte vers 3 ou 4 ans pour les femelles et 2 ou 3 ans pour les mâles. Plus au nord, les femelles l’atteignent vers 6 ans, et les mâles vers 5 ans. Considéré comme un carnivore omnivore, le grand brochet est un opportuniste qui se nourrit de presque tout ce qui lui est accessible. Il est territorial et chasse à l’affût dans les herbiers. Sa diète est constituée à 90 % de poissons et ses proies incluent l’achigan, la perchaude, le doré, la truite et le maskinongé. S’y ajoutent les écrevisses, les grenouilles, les souris, les rats musqués et les cannetons. L’adulte a très peu d’ennemis, mais les œufs et les jeunes du brochet sont la proie d’un bon nombre de prédateurs, y compris sa propre espèce, et on estime le taux de mortalité des jeunes à environ 99 %.

Cette espèce habite les petites baies chaudes et les hauts fonds des lacs et des cours d’eau lents, peu profonds et riches en végétation. Les gros spécimens sont souvent observés à des profondeurs plus grandes, dépassant parfois 20 mètres. La distribution du grand brochet est circumpolaire dans l’hémisphère Nord. Au Québec, il est présent dans l’ensemble des lacs et des cours d’eau, ainsi que dans le Saint-Laurent, en amont de la rivière Nicolet.

En plongée, le grand brochet est souvent visible là où des structures sous-marines sont présentes, comme les épaves et les piliers de ponts ou de quais. Dans les herbiers, il devient presque invisible et passe souvent inaperçu. Les jeunes sont difficiles à distinguer des espèces plus petites comme le brochet d’Amérique et le brochet vermiculé. De plus, il se croise avec d’autres espèces de brochets, ainsi qu’avec le maskinongé.

RL

 

Texte tiré du guide d’identification La vie en eau douce – Auteur Robert La Salle
La vie en eau douce

 

Références bibliographiques