La moule zébrée

 

Moule zébrée, Dreissena polymorpha, Zebra Mussel

 

Moule zébrée
Dreissena polymorpha
Zebra Mussel

La coquille de la moule zébrée est petite et sa longueur varie de 0,5 à 5 cm. Sa forme est semblable à la lettre D et elle présente une face aplatie du côté de la charnière. Elle est généralement brun foncé avec des stries jaunâtres. Toutefois, les stries sur la coquille peuvent varier énormément. Contrairement aux moules indigènes, la moule zébrée se fixe à toute surface submergée grâce à des filaments très résistants, les filaments bissaux. La reproduction a lieu deux fois par année, soit à la fin de juillet et à la fin d’août. La fécondation des œufs se produit dans l’eau et une femelle de taille moyenne peut relâcher jusqu’à 100 000 œufs.

Cette espèce a une préférence pour les grands plans d’eaux stables, tels que les grands cours d’eau et les lacs de grande taille. Généralement, les colonies s’installent entre un et deux mètres de profondeur. Toutefois, des plongeurs ont observé la moule zébrée à des profondeurs excédant les trente mètres. Sa densité au mètre carré peut atteindre jusqu’à 30 000 individus. Au Canada, elle est présente dans le bassin inférieur des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Au Québec, on la retrouve dans le Saint-Laurent et ses tributaires, notamment la rivière Richelieu et l’Outaouais.

Originaire d’Eurasie, la moule zébrée a été introduite en Amérique du Nord au milieu des années 1980. Elle a probablement été transportée dans les eaux des ballasts des cargos en provenance de la mer Noire ou de la mer Caspienne, ensuite déversées dans les Grands Lacs. La moule zébrée s’est rapidement propagée et a profondément bouleversé le milieu aquatique.

Sa capacité de filtration, d’environ un litre d’eau par jour, et sa très grande densité au mètre carré ont entraîné une importante amélioration de la visibilité sous-marine. Elle est passée, par endroits, de quelques mètres à plus de 20 à 30 mètres. Toutefois, la moule zébrée n’est qu’en partie responsable de cette amélioration. Les efforts de dépollution ont également contribué à l’augmentation de la transparence des eaux du fleuve.

Cette augmentation de la transparence de l’eau a un effet pervers, car elle modifie l’équilibre entre les espèces. Des prédateurs piscivores ont maintenant beaucoup plus de facilité à repérer leurs proies, tandis que certains des végétaux profitent de l’accroissement de la luminosité. La nourriture que la moule zébrée filtre en grande quantité n’est plus disponible pour les autres espèces, ce qui cause des torts importants aux moules indigènes. En se fixant sur la coquille de ces dernières, les moules zébrées les privent de nourriture, de la possibilité de se mouvoir et les étouffent littéralement.

RL

 

Texte tiré du guide d’identification La vie en eau douce – Auteur Robert La Salle
La vie en eau douce

 

Références bibliographiques