Choisir un appareil reflex et un caisson sous-marin

Le caisson sous-marin Aquatica pour le boitier Nikon D800Caisson sous-marin Aquatica pour le boîtier Nikon D800

Le premier appareil photo de la plupart des plongeurs est un compact. Les caissons sous-marins sont abordables et les photos que l’on peut en tirer peuvent être de très bonne qualité. Toutefois, au fur et à mesure que la passion pour la photo sous-marine grandit, les limites de l’appareil compact et du système qui l’entoure apparaissent. C’est à ce moment que l’envie de faire le saut vers un reflex numérique surgit. Cependant, faire le choix d’un appareil reflex et d’un caisson sous-marin n’est pas une mince affaire. L’investissement financier étant important, il faut bien évaluer les avantages et les inconvénients d’un tel système.

Du compact au reflex

Obtenir une qualité d’image supérieure est la raison la plus souvent invoquée par les propriétaires d’appareils compacts prêts à faire l’acquisition d’un reflex numérique ou DSLR (Digital Single-Lens Reflex). Plusieurs facteurs influencent la qualité d’une image. Parmi eux, il y a la taille du capteur. Le principe est le suivant. Pour une quantité égale de pixels, plus le capteur est grand, et plus la qualité de l’image sera élevée. Celui d’un appareil compact est généralement plus petit que l’ongle de votre petit doigt, soit environ 5 x 7 mm. Celui d’un reflex est beaucoup plus grand. Il en existe plusieurs tailles, dont l’APS-C avec une dimension de 16 x 24 mm. Vient ensuite le capteur plein format ou Full Frame de 24 x 36 mm, égale à celui du film 35mm.

L’offre d’objectifs pour un boîtier reflex est impressionnant

La deuxième raison invoquée par ceux qui envisagent l’acquisition d’un boîtier reflex est la sélection et la qualité des objectifs ainsi que la possibilité de les interchanger. Les appareils compacts n’offrent pas cette possibilité, car l’objectif qui vient avec l’appareil est fixe. Les objectifs interchangeables des appareils reflex offrent donc beaucoup plus de possibilités et la qualité de leur optique est indéniablement supérieure à celui des compacts.

Vient ensuite la réactivité de l’appareil. Elle est quasi instantanée avec un appareil reflex. Il n’y a donc pas de temps d’attente lorsque vous appuyez sur le déclencheur. Il est vrai que la réactivité des appareils compacts s’est grandement améliorée, mais il n’est pas à la hauteur d’un reflex. Les poissons n’attendent pas que votre appareil soit prêt à déclencher.

Une autre option importante à considérer est la possibilité de travailler en mode manuel. Les modes automatiques n’étant pas toujours performants sous l’eau, le mode manuel est particulièrement utile. Cette option n’est disponible qu’avec quelques appareils compacts.

Il y a finalement la possibilité de choisir le format brut (RAW) au lieu de JPEG lors de l’enregistrement des images. Cette option est jugée essentielle par ceux qui apprécient le post-traitement des images par logiciel. Le format JPG est traité et compressé à la prise de vue. Le format brut ne l’est pas et contient toute l’information non traitée provenant du capteur. Cela offre beaucoup plus de potentiel lors du post-traitement de vos images. Tous les reflex ont cette option, mais seulement quelques compacts l’offrent.

Rien n’est parfait, et passer d’un appareil compact au reflex a aussi ses désavantages. Le premier en tête de liste est sans contredit le coût à l’achat. Il est de loin supérieur à celui d’un compact. Selon le modèle et les options choisies, la dépense pour acquérir un système complet est deux à cinq fois supérieure.

Viennent ensuite le poids et l’encombrement. Le poids total d’une valise de transport rigide contenant un caisson sous-marin, deux hublots, deux flashs et les autres accessoires complétant le système, peut facilement dépasser le poids maximum imposé par les lignes aériennes. Au-delà de ce poids, généralement 50 livres, des frais supplémentaires sont ajoutés au prix du billet d’avion.

Du capteur APS-C au Plein format

Chez les utilisateurs d’appareil reflex, le passage au capteur plein format ou Full Frame fait l’objet de beaucoup de discussions. Les capteurs plein format équipent généralement les boîtiers reflex haut de gamme et les grands fabricants tel que Nikon et Canon ont beaucoup investi dernièrement dans la conception et la mise en marché de ces modèles. Les boîtiers Nikon D600 et D800 en sont un bon exemple. Toutefois, le prix à l’achat d’un appareil au capteur plein format étant beaucoup plus élevé, la majorité des boîtiers reflex vendus sur le marché sont équipés d’un capteur au APS-C. Le nombre de pixels produit par ces capteurs varie de 12 à 18 millions, ce qui est franchement plus que suffisant pour la majorité des utilisateurs. Les appareils reflex munis d’un capteur plein format en offrent généralement beaucoup plus et seraient donc un luxe pour la majorité des photographes, incluant les photographes sous-marins.

boîtier Nikon D800Ceux qui ont visité mon blogue savent que j’ai récemment fait l’acquisition d’un Nikon D800 équipé d’un capteur plein format. Pourquoi ce choix, se demanderont certains ? La réponse n’est pas simple, mais laissez-moi vous raconter. Mon vieux boîtier Nikon D2X, sorti en 2005 et muni d’un capteur APS-C, était probablement ce qui se faisait de mieux sur le marché au moment de sa sortie. Devenu technologiquement obsolète, j’étais donc prêt à le remplacer depuis un moment. Ma flotte d’objectifs l’entourant, six au total, était complète et adaptée au capteur APS-C. Eh oui, ce ne sont pas nécessairement les mêmes objectifs que l’on utilise avec les capteurs plein format. Je reviendrais là-dessus un peu plus loin.

J’attendais donc, pour remplacer mon vieux D2X, un boîtier pro Nikon muni d’un capteur APS-C. J’ai failli faire l’achat du Nikon D7000, mais il me semblait fragile et je n’étais pas confortable avec sa prise en main. De plus, je trouvais le viseur très petit et pas particulièrement performant. Il y a eu une rumeur et elle court toujours, sur la sortie d’un D400. Il s’agirait d’un boîtier pro muni d’un capteur APS-C. La rumeur est même allée jusqu’à prétendre qu’il serait construit sur le châssis du D2X, ce qui m’aurait permis de recycler mon vieux caisson sous-marin. Cela ne s’est pas concrétisé, mais j’espère toujours.

Finalement, au printemps 2012, Nikon a annoncé la sortie de deux nouveaux boîtiers. J’ai croisé mes doigts espérant un D400 construit sur le châssis du D2X. Et non, ils ont annoncé la sortie du D4 et le D800. Il s’agit de deux appareils au capteur plein format. Ce fut la folie et Nikon a peiné à répondre à la demande.

Frustré d’attendre, j’ai finalement arrêté mon choix sur le D800. J’ai été d’abord tenté par le D4, le modèle pro de Nikon. Ce dernier a été conçu pour les photographes de presse qui exigent beaucoup de performance et de robustesse de leur boîtier. Le D800 est certes plus petit et moins robuste que le D4, mais ses caractéristiques sont fort impressionnantes et ont séduit bon nombre de photographes professionnels. Quant à moi, il s’agissait d’un appareil de rêve. J’ai tout de suite aimé sa prise en main. J’ai adoré son viseur et en prime je gagnais un capteur de 36 millions de pixels. Je me serais bien contenté de moins, mais j’ai compris que ce boîtier s’adressait au portraitiste et au photographe de paysage qui ont une clientèle qui apprécie les très grands tirages photo nécessitant beaucoup de pixels.

Ensuite, j’ai dû prévoir l’acquisition de nouveaux objectifs rendue nécessaire par le changement de format de capteur. Par conséquent, au moment de prendre possession de mon nouveau boîtier, j’ai également fait l’achat d’un nouveau zoom grand-angulaire pour remplacer mon 12-24mm qui ne convient pas du tout au capteur plein format. Les objectifs de la plupart des fabricants d’appareils reflex ont toujours été conçus en fonction du film 35 mm. Le capteur APS-C étant deux fois plus petit, les objectifs subissent un facteur de grossissement de 1.5 fois. Les zooms grand-angulaires deviennent donc des zooms standards. Les fabricants ont donc mis sur le marché une série de grands-angulaires adaptés au format APS-C. Le zoom 12-24mm, que j’ai beaucoup utilisé avec mon D2X, en est un bon exemple. Le grand-angulaire étant essentiel à la photo sous-marine, j’ai dû le remplacer et mon choix s’est arrêté sur le zoom 16-35 mm f4 VR de Nikon, parfaitement adapté au capteur plein format. Un autre grand-grand angulaire que je vais devoir prochainement remplacer est mon «Fisheye» 10.5mm. C’est un objectif souvent utilisé pour la photo d’épaves. Son équivalent 35mm ou plein format est le «Fisheye» 16mm.

Il y a aussi les objectifs macros à considérer. C’est avec eux que l’on réalise les gros plans de la majorité des organismes marins. En remplacement de mon objectif  60 mm macro, j’ai maintenant dans mon sac photo une 105 mm macro. Vous comprenez maintenant que tous ceux qui font le passage du capteur APS-C au plein format ont non seulement à changer d’appareil et de caisson sous-marin, mais aussi à remplacer plusieurs objectifs. Il faut donc réfléchir pleinement avant de faire le saut de l’APS-C au plein format.

Comme vous pouvez le constater, plusieurs facteurs sont à considérer lors du choix d’un appareil reflex, mais si vous envisagez de l’équiper d’un caisson sous-marin, certaines marques seraient à privilégier. Puisque la majorité des photographes professionnelles et amateurs optent pour Nikon et Canon, il est normal que la plupart des fabricants de caissons sous-marins orientent principalement leur offre sur les nouveautés de ces deux marques. Afin de ne pas être limité en terme de choix de caisson sous-marin, vous avez donc tout avantage à posséder un boîtier reflex relativement récent de l’un de ces deux grands fabricants.

Choisir un caisson sous-marin

Pouvoir tenir en main et examiner une pièce d’équipement dont la valeur se situe dans les milliers de dollars est tout à fait normal et même très judicieux. Toutefois, cela est peu probable dans le cas des caissons sous-marins, à moins de vous déplacer à la foire commerciale DEMA où la majorité des fabricants ont un kiosque. À Montréal, il est assez facile de trouver une boutique qui a en démonstration un caisson pour un appareil compact. Il en est tout autre pour les caissons d’appareil reflex. Il vous faudra donc consulter les sites web des fabricants et vous fier aux commentaires de ceux qui les ont testés.

Nauticam – Ikelite – Seacam – Aquatica – Subal – Sea&Sea

Grâce à ces ressources, vous apprendrez que les caissons sous-marins sont composés d’une partie avant et arrière à laquelle l’on ajoute un hublot plat ou sphérique pour l’objectif. Quant aux matériaux utilisés, quatre types sont généralement utilisés par les fabricants. Dans une classe à part, il y a les caissons flexibles fabriqués à partir de polychlorure de vinyle et commercialisés par Ewa-marine. Viennent ensuite les caissons rigides fabriqués à partir de polyuréthane et commercialisés par Aquatech. Je ne vous conseille pas les caissons de ces deux fabricants, car la profondeur maximale recommandée, entre 10 et 20 mètres, peut facilement être dépassée par un plongeur sportif. Le troisième matériau est le polycarbonate transparent utilisé par Ikelite et la résine de polycarbonate utilisé par Sea&Sea. Ce matériau, plus résistant, peut être utilisé jusqu’à une profondeur maximale de 60 mètres et convient tout à fait à la plongée sportive. Finalement, il y a les caissons rigides fabriqués à partir de blocs d’aluminium usinés. Ils sont commercialisés par plus d’une dizaine de fabricants, incluant Aquatica, Seacam, Nauticam, Subal, Sea&Sea, Hugyfot et Nexus. Très résistants, ils sont conçus et testés pour être utilisés jusqu’à 100 mètres. Les autres composantes ainsi que les contrôles intégrés aux caissons d’aluminium sont généralement d’une très grande qualité.

Partie arrière d’un caisson et les boutons de contrôles de l’appareil

La fonction première d’un caisson sous-marin et bien évidemment de protéger votre appareil photo de l’environnement aquatique en le gardant bien au sec. Mais au-delà de cette fonction, les critères recherchés sont généralement les mêmes que lors du choix d’un appareil photo. Un bon caisson devrait donc vous permettre une visée efficace afin de bien voir votre sujet ainsi que les infos du viseur. Il devrait aussi vous permettre de faire une mise au point précise sur votre sujet et déclencher rapidement. Vous devez également être en mesure de changer la vitesse d’obturation et l’ouverture du diaphragme. Vous devriez aussi avoir la possibilité de changer le mode de prise de vue ainsi que l’ISO. L’utilisation de flashs sous-marins externes est essentielle en photo sous-marine. Un bon caisson devrait donc être muni de connecteurs permettant de brancher un ou deux flashs. Finalement, les contrôles du caisson vous permettant d’accéder à toutes ces fonctions devraient être ergonomiques et faciles à utiliser, même avec des gants ou des mitaines de plongée.

Hublots sphérique pour un objectif grand-angulaire et plat pour un objectif macro

Vient ensuite le choix du hublot fixé à l’avant du caisson. Tout bon fabricant devrait en offrir une panoplie adaptée aux différents objectifs utilisés en photographie sous-marine. Ces derniers peuvent être regroupés en deux familles. Il y a d’abord les objectifs grand-angulaires utilisés pour photographier les panoramas sous-marins, incluant les plongeurs et les épaves. Les hublots adaptés aux grands-angulaires ont la forme d’un dôme et ils sont fabriqués en acrylique ou en verre de qualité optique. Il y a ensuite les objectifs macros servant à photographier les poissons et tous les petits organismes marins. Les hublots utilisés avec les objectifs macros ont la forme d’un tube de métal, généralement noir, se terminant à l’avant par un acrylique ou en verre plat de qualité optique.

Viseur 180 degrés AquaView d’Aquatica

Il y a finalement le choix du viseur. De plus en plus de fabricants proposent des viseurs ultra-performants en remplacement du viseur de base. L’épaisseur de la paroi du caisson ainsi que celle du masque de plongée éloignent votre oeil du viseur de l’appareil photo. L’ajout de cette pièce d’équipement vous offre une vision confortable vous permettant un cadrage efficace de vos sujets. L’aspect moins pratique est l’ajout d’une protubérance à l’arrière du caisson sur laquelle il est facile de buter. Il faut donc être prudent lors du transport, particulièrement sur les bateaux de plongée où l’on est souvent à l’étroit.

J’espère que vous avez maintenant une meilleure idée sur les points à considérer lors de l’achat d’un appareil reflex et d’un caisson sous-marin, mais j’aimerais vous laisser avec une liste en six points pour encore mieux vous aider à faire un choix judicieux et adapté à vos besoins.

1- Le choix d’une marque d’appareil photo – Je vous conseille d’opter pour l’un des deux grands fabricants, soit Nikon ou Canon. Vous aurez ainsi un plus grand choix d’objectifs et de caissons.

2- Le choix d’un format de capteur – Le capteur APS-C est excellent et les boîtiers sont abordables. Le capteur plein format offre une plus grande qualité d’image, les boîtiers sont généralement plus robustes et performants, mais le coût d’acquisition est plus important.

3- Le choix des objectifs – Le plus souvent, vous aurez besoin d’un grand-angulaire et d’un objectif macro. Je vais traiter de ce sujet dans un prochain article.

4- Le choix d’un caisson sous-marin – Parmi les grands fabricants précédemment nommés, il y Aquatica. Leurs caissons se classent parmi les meilleurs et leur service est excellent. De plus, ils ont le grand avantage pour les Canadiens d’être situés à Montréal. Vous comprendrez donc que ma commande pour le caisson du D800 a été passée aussitôt qu’ils en ont fait l’annonce. Toutefois, ce ne sont pas les seuls à offrir d’excellents produits. Plusieurs pros utilisent les caissons Seacam. Ce sont des caissons d’une très grande qualité fabriqués en Allemagne, mais leur prix est deux fois supérieur à Aquatica. Le premier fabricant à avoir mis sur le marché un caisson pour le D800 est Nauticam. Situé en Asie, leurs produits sont excellents et j’avoue avoir considéré leurs caissons pendant un moment. Ceux avec un budget plus modeste apprécieront Ikelite. Fabriqué chez nos voisins du sud, le prix de leurs caissons en polycarbonate transparent est beaucoup plus abordable. Ils sont toutefois moins résistants que les caissons en aluminium et leurs contrôles moins précis. De plus, pour les plongeurs d’eau froide, ils sont souvent sujets à la condensation.

5- Le choix de hublots – Vous devriez envisager l’achat de deux hublots. Un premier en forme de dôme pour la photographie au grand-angulaire et un second en forme de tube avec à l’avant un verre plat destiné aux objectifs servant à la macrophotographie.

6- Le choix d’un viseur – Tous les caissons sont vendus équipés d’un viseur de base. Toutefois, plusieurs fabricants offrent des viseurs plus performants permettant beaucoup plus de confort lors du cadrage de vos images. Le prix de ces viseurs, par contre, est à la hauteur de leurs performances.

Sites web reliés aux équipements discutés
Aquatica
Canon
Ikelite
Hugyfot
Nauticam

Nexus
Nikon
Seacam
Subal
Sea&Sea 

Texte © Robert La Salle – Tous droits réservés 2012