CHOISIR ET UTILISER UN FLASH SOUS-MARIN

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Caissons et flashs sous-marinsCaisson Aquatica AD800, flashs sous-marins Ikelite DS161 et bras TLC

Tous les plongeurs ont appris lors de leur formation que les propriétés de la lumière changent dans l’eau. Les teintes chaudes de la lumière du jour, tel que le rouge, sont absorbées dès les premiers mètres sous la surface et aux alentours de 20 mètres, tout n’est que bleu ou vert.

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absorption des couleurs sous l'eau

Afin de restaurer en partie les couleurs, des filtres peuvent être utilisés pour filtrer la lumière ambiante. Toutefois, ce n’est qu’en utilisant une source de lumière artificielle, telle que le flash électronique, qu’il est possible d’obtenir des couleurs vibrantes.

La lumière est essentielle à la création d’une image photographique et la maîtriser est un art. Afin de créer des ambiances et mettre en valeur leurs sujets, les photographes de studio apprennent tôt dans leur formation à utiliser la lumière artificielle et à maîtriser les principes de base de l’éclairage. C’est la même chose pour les photographes sous-marins, mais en plus, ils doivent savoir les adapter aux particularités du milieu aquatique. Ce n’est qu’à ce moment qu’ils pourront utiliser avec compétence le flash sous-marin.

Une des premières règles enseignées en photographie est d’éviter l’éclairage direct. C’est le cas lorsque l’on utilise le flash intégré de l’appareil photo. Cet éclairage sans ambiance élimine les jeux d’ombres et de lumières et le sujet vous semblera plat et sans relief. Appliqué à la photo sous-marine, l’éclairage direct est non seulement à éviter, mais à proscrire. C’est là que la connaissance des particularités du milieu aquatique entre en jeux.

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Utiliser le flash sous-marin

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En fonction des conditions de plongée, l’éclairage direct est rarement une option à envisager, car toutes les particules en suspension dans l’eau se trouvant dans le passage de la lumière du flash apparaîtront dans l’image. C’est pour éviter cette situation que les photographes sous-marins n’utilisent jamais le flash de l’appareil pour éclairer leurs sujets.

Éclairage à un flash sous-marin

La solution pour éliminer les particules visibles dans l’image est d’éloigner le flash de l’appareil. C’est pour cette raison qu’il est essentiel de posséder un, ou idéalement deux flashs sous-marins. Fixés au caisson à l’aide de bras articulés, les flashs peuvent être orientés en fonction du style d’éclairage désiré.

En plus de la maîtrise de l’éclairage, les particules visibles dans l’image peuvent être diminuées en se rapprochant le plus possible du sujet. Le but est de réduire la distance entre le sujet et l’appareil et du coup la quantité de particules éclairées par le flash.

Finalement, entre en jeux la compétence du plongeur. Il serait tout à fait illusoire d’envisager la photo sous-marine sans une maîtrise parfaite de la flottabilité. Sans elle, un aspirant photographe sous-marin brouillera constamment l’eau autour de lui, rendant la photo sous-marine impraticable.

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Chaboisseau à épines courtes, Myoxocephalus scorpius, Shorthorn sculpin Éclairage classique 45° à un flash

L’éclairage le plus classique s’obtient en positionnant le flash à 45° sur la gauche ou la droite de l’appareil et à 45° vers le haut. Cet éclairage donne du relief au sujet tout en réduisant les particules en suspension éclairées par le flash. Les ombres seront toutefois marquées, mais vous pouvez les diminuer en rapprochant légèrement le flash de l’appareil et vers le haut.

Méduse, Solmissus incisa, JellyfishÉclairage au-dessus du sujet à un flash

Un autre éclairage classique s’obtient en positionnant le flash directement au-dessus du sujet. Cet éclairage est particulièrement intéressant avec les méduses, les cténophores ou tous les autres sujets translucides.

Anémone plumeuse, Metridium senile, Frilled AnemoneÉclairage arrière à un flash

Finalement, vous pouvez expérimenter avec l’éclairage arrière. En positionnant le flash derrière vos sujets, vous mettrez en valeur leurs contours. La prudence est toutefois de mise, car il est facile d’introduire des rayons parasites dans l’image en dirigeant le flash directement dans l’objectif.

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Tortue géographique, Graptemys geographica, Northern Map TurtleÉclairage classique à deux flashs

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Utilisation de deux flashs sous-marinsL’ajout d’un deuxième flash à son équipement est une évolution normale dans le parcours de tout photographe sous-marin. Il s’agit d’une étape importante vers la maîtrise de la lumière et du raffinement de l’éclairage. La possibilité de varier l’éclairage tout en contrôlant les ombres est la raison principale de l’utilisation d’un deuxième flash. La méthode classique est d’utiliser un premier flash en éclairage principal. C’est lui qui caractérise l’éclairage. Le second flash, souvent moins intense, est utilisé en éclairage d’appoint. C’est avec lui que les ombres sont contrôlées. Avec les objectifs grand-angulaires, tel que les fisheyes, le deuxième flash n’est pas utilisé pour contrôler les ombres, mais pour étendre la portion du récif éclairé.

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Choisir un flash sous-marin

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Flash sous-marin, cable synchro et bras articuléLe flash

Contrairement aux flashs terrestres, le choix de flashs sous-marins est beaucoup plus restreint. Une rapide recherche sur internet vous fera réaliser que le marché est dominé par deux fabricants, soit Ikelite et Sea&Sea. Les modèles offerts par chacun sont également assez limités. Il y a les modèles d’entrées de gamme destinée aux utilisateurs d’appareils compacts. La puissance et l’angle d’éclairage de ces modèles sont moyens, mais ils ont la qualité d’être légers et de petite taille. De plus, ils sont alimentés par des batteries de type AA que l’on peut facilement se procurer en voyage.

Toutefois, ces modèles ne conviendront pas lorsque l’on désire utiliser un objectif grand-angulaire. La puissance ainsi que l’angle de couverture sont généralement insuffisants. Les flashs utilisés pour éclairer convenablement une scène prise au grand-angulaire doivent avoir un faisceau couvrant un angle d’au moins 90°, tout en offrant une puissance adéquate. Il va sans dire que ces flashs sont beaucoup plus volumineux et nécessitent des batteries très performantes, la plupart du temps spécifiques à un seul modèle. Dans le cas de perte ou de bris, il est peu probable d’en trouver à proximité d’un site de plongée. Il faut donc être prévoyant.

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Le câble synchro

Câble synchro flash sous-marinSi vous faites de la photo sous-marine depuis un moment, vous savez certainement que la majorité des problèmes reliés à l’utilisation d’un flash sous-marin proviennent généralement du câble et des connecteurs reliant le flash à l’appareil.

Dans le passé, la seule façon d’assurer le déclenchement d’un flash sous-marin était le câble synchro électrique. Ce type de câble toujours en utilisation aujourd’hui, est branché à une extrémité au flash sous-marin et à l’autre extrémité au caisson par un connecteur. Le connecteur du caisson est ensuite branché à la griffe flash de l’appareil, celui servant au branchement d’un flash externe de type cobra.

La plupart des appareils compacts n’ayant pas de griffe flash, les fabricants de flashs sous-marins ont dû mettre au point un nouveau type de câble synchro. La solution a été d’utiliser un câble de fibre optique et le flash intégré de l’appareil photo. Au déclenchement, la lumière émise par le flash intégré de l’appareil photo est transportée via le câble de fibre optique, vers une cellule photosensible du flash sous-marin. C’est cette cellule, nommée slave, qui commande au flash sous-marin de déclencher.

Les deux types de câbles ont leurs avantages et leurs inconvénients. Le câble de fibre optique est très fiable, mais requiert le déclenchement du flash intégré de l’appareil. Ce dernier puisant sont énergie de la pile de l’appareil, il faut donc s’assurer qu’elle soit à pleine charge avant chaque plongée.

Le câble synchro par fils est lui aussi très fiable, même s’il requiert une connexion électrique. Tant que les connecteurs servant au branchement demeurent au sec, le flash déclenchera à chaque fois. Toutefois, il suffit de quelques gouttes d’eau salées infiltrées dans un connecteur pour que les problèmes surgissent. Malgré ce souci d’entretien, les adeptes de ce type de câble avancent que son avantage face à la fibre optique est qu’il ne requiert pas le déclenchement du flash intégré de l’appareil. Cela leur assure donc un plus grand nombre déclenchements avant que la pile de l’appareil ne soit épuisée. De plus, plusieurs flashs intégrés d’appareils compacts sont relativement lents à se recharger après leur déclenchement. Vous risquez donc d’attendre entre chaque photo si le flash de votre appareil compact n’est pas performant.

Le bras articulé

Afin de positionner les flashs sous-marins adéquatement et de libérer leurs mains, les photographes sous-marins ont recours à des bras articulés. La plupart des fabricants de flashs sous-marins en proposent, mais ils ne sont pas bien cotés. J’aimerais plutôt vous suggérer deux fabricants, soit TLC et Ultralight. Ces deux fabricants sont des spécialistes des bras articulés pour flash sous-marins et ils offrent une sélection de produits permettant de configurer à votre guise vos bras de flashs. Quant à moi, j’utilise depuis de nombreuses années les bras TLC, maintenant une division du fabricant de caissons Aquatica.

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Suggestions de flashs sous-marins

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flash sous-marin Ikelite DS51Ma première suggestion s’adresse principalement au propriétaire d’appareil compact avec un budget modeste. Il s’agit du DS51 d’Ikelite, un modèle tout simple qui en est a sa cinquième version. Ce fut d’ailleurs mon premier flash sous-marin et je l’ai beaucoup utilisé avec mon appareil Nikonos au début des années 80. Ses qualités sont d’être léger et compact, mais son temps de recyclage de 3,5 secondes est peu performant. Il peut toutefois être amélioré en diminuant sa puissance à l’aide d’un contrôle situé à l’arrière du flash. Le DS51 se branche à un caisson en utilisant un câble synchro électrique, mais aussi par fibre optique en utilisant un adaptateur. Il est alimenté par quatre piles AA.

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Flash sous-marin Sea&Sea YS D1Ma deuxième suggestion est le YS-D1 de Sea & Sea. Il s’agit d’un nouveau modèle qui réunit une foule de caractéristiques fort intéressantes. Sa taille et son poids raisonnables en font aussi un modèle s’adressant au propriétaire d’appareil compact qui aime voyager léger. La puissance de ses éclairs impressionne pour un flash de cette taille et son temps de recyclage 1,9 seconde est plus que raisonnable. Il se branche à un caisson autant par câble synchro électrique que par fibre optique. Avec l’ajout d’un diffuseur, il peut couvrir l’angle de champs de la plupart des objectifs grand-angulaires, mais sa puissance en est grandement diminuée. Il est alimenté par quatre piles AA.

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Flash sous-marin Ikelite DS161Mes deux prochaines suggestions s’adressent aux photographes sous-marins qui priorisent la puissance et les performances au détriment du poids et de l’encombrement. Je vous propose d’abord le DS161 d’Ikelite. Le tube éclair de forme circulaire et le réflecteur de ce flash produisent une puissante lumière couvrant un angle de champs de 90°. Elle est de 100° avec l’ajout d’un diffuseur. Le temps de recyclage de 1,4 seconde à pleine puissance impressionne et devient quasi instantané en diminuant la puissance du flash à l’aide de son gradateur à 10 niveaux. Ce modèle est également équipé d’une lampe vidéo de 500 lumens qui est excellente pour les plans rapprochés. Cela est un atout avec le nombre croissant d’appareils photo qui permettent la vidéo. Le DS161 se branche à un caisson en utilisant un câble synchro électrique, mais aussi par fibre optique en utilisant un adaptateur. Il est alimenté par une puissante pile lithium-ion produisant plus de 450 éclairs.

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Flash sous-marin Sea&Sea YS250 ProFinalement, j’aimerais vous proposer le YS-250 PRO de Sea & Sea. Dans la même classe que le DS161, ce flash se démarque principalement par sa puissance lumière couvrant un angle de champs de 105°, allant jusqu’à 115° avec l’ajout d’un diffuseur. Cette performance a toutefois un prix, car son temps de recyclage est plus lent, soit 1,8 seconde et le nombre d’éclairs se limite à 200 à pleine puissance. Par contre, ce nombre peut être grandement augmenté en diminuant la puissance du flash à l’aide de son gradateur à 12 niveaux. Ce flash se branche à un caisson autant par câble synchro électrique que par fibre optique. Il est alimenté par une pile Ni-Mh spécifique à ce modèle.

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Quant à moi, j’ai longuement hésité entre le DS161 d’ikelite et le YS-250 Pro de Sea&Sea, mais j’ai finalement opté pour Ikelite en faisant l’acquisition de deux DS161. Certes, l’angle de couverture de 105° du YS-250 était séduisant, mais les autres caractérisques importantes m’ont fait pencher vers le DS161. Je pense au temps de recyclage plus rapide, au nombre d’éclairs nettement supérieur, ou sa taille et son poids plus modestes. Par contre, il y a un dernier point à considérer en faveur du Sea&Sea. Le temps de recharge des piles et leur coût de remplacement. Le temps de recharge des nouvelles piles Lithium-ion d’ikelite est 5 heures versus 3 heures pour Ni-Mm de Sea&Sea.  Quant au coût de remplacement, celui d’ikelite est le double.

J’espère que vous avez maintenant une meilleure idée sur  les points à considérer lors de l’achat d’un flash sous-marin ainsi que des techniques d’éclairage. Je vous laisse en vous donnant rendez-vous prochainement sur Aqua-Photo ou le thème de mon prochain article traitera de la Macrophotographie sous-marine.

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Sites web reliés aux équipements discutés
Aquatica / TLC
Ikelite
Sea&Sea
Ultralight

Texte © Robert La Salle – Tous droits réservés 2012